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GGHF

Soutien au projet Grande Grammaire Historique du Français (GGHF)

Le projet d’ensemble de la « Grande grammaire historique du français » a vu le jour en 2007, bien que l’idée d’une telle grammaire ait été évoquée dès 2001, avec la naissance de l’ILF. Cent ans après la grande Histoire de la langue française de F. Brunot, dont le premier volume parut en 1905 (24 volumes), l’ILF, grâce à l’impulsion de Christiane Marchello-Nizia, a lancé une entreprise du même type, mais sous de nouveaux auspices. L’ouvrage de Brunot n’est plus disponible, il n’a pas été réédité, et les autres ‘grammaires historiques’ de quelque envergure ont environ un demi-siècle. Ces ouvrages se caractérisent par un a-théorisme qui privilégie les données, et au sein des données celles issues de registres ‘hauts’. Nombre d’histoires du français ont paru en un siècle, mais toutes limitées à un unique volume papier (pour douze siècles !).

Le but de la démarche est scientifique et patrimonial. Scientifique, car il s’agit de réaliser une grande Grammaire historique du français qui fasse référence, une étude de l’évolution linguistique du français, fondée sur les acquis théoriques récents et synthétisant les travaux des dernières décennies. Il est également patrimonial : le français a eu la chance d’être documenté sur une durée exceptionnellement longue de douze siècles ; et il contribue à son équipement linguistique : en effet, une langue qui n’offre pas des outils à jour pour son étude est une langue fragilisée. Aussi cet ouvrage de grande ampleur sera-t-il conçu d’emblée comme ‘multi-supports’ (papier et numérique), de façon à être consultable et utilisable au mieux.

Six principes sont au fondement de la GGHF : elle doit offrir un état de l’art, intégrant les apports d’un siècle de recherches, en particulier en syntaxe, en sémantiques lexicale et grammaticale, et en pragmatique. Elle opère une mise en rapport systématique entre variation et changement, et a pour but la mise en évidence de grands principes d’évolution de la langue. Le cadre théorique choisi est celui d’un modèle descriptif dynamique, l’approche fonctionnelle, ainsi que les approches les plus récentes concernant l’évolution des langues. Il est fait un usage historicisé de certaines catégories conçues comme allant de soi pour les langues ‘modernes’ : selon les époques il convient de moduler catégories et notions : ainsi, jusqu’au français pré-classique il est préférable de ne pas employer la notion/le terme de ‘phrase’, qui n’est pas en adéquation avec certains types de structure des énoncés ; en outre, d’autres notions doivent être complexifiées : ainsi, la plupart des prépositions étant jusqu’au 16e s. également préverbes, adverbes, particules, il convient d’examiner l’évolution vers des paradigmes plus homogènes et des notions plus tranchées. Centrée sur l’étude des changements et la perception de l’évolution de la langue, la GGHF est organisée par thèmes, et non pas par siècles (ce qui produit une série de ‘synchronies empilées’ dépourvue de signification) ; et suivant en cela plusieurs prédécesseurs (Nyrop, Darmesterer, Kukenheim, Brunot dans La Pensée et la langue), les responsables de la GGHF ont opté pour une présentation par grands domaines. La GGHF est fondée sur un corpus explicite, ce qui est assez novateur ; et une fois enrichi morphologiquement et syntaxiquement, ce CORPUS-GGHF pourra servir de base à un corpus de référence pour l’histoire du français. Enfin, la GGHF vise trois types de public : chercheurs, étudiants, large public ; elle a donc été conçue dès le départ comme ‘multi-supports’ (papier et numériques), et ‘multi-public’ (version longue pour les chercheurs : deux gros volumes et version en ligne ; version moyenne pour les étudiants et le public cultivé : un volume avec version en anglais et version en ligne). Les quatre dernières années ont été consacrées à l’élaboration du plan, à la définition du corpus, à la constitution et à la réalisation de ce corpus (environ 14 millions de mots), ainsi qu’à la rédaction de chapitres. En parallèle, ce chantier de première importance pour la discipline a fait l’objet de nombreuses présentations dans le cadre de journées scientifiques, colloques ou congrès. Le soutien de l’ILF se fait d’une part à partir de la dotation CNRS de la fédération, mais aussi grâce à un partenariat avec la DGLFLF. Les réunions de travail de la GGHF, autour de 4 à 5 par an, se font en général au siège de la fédération.

Responsables du projet : Bernard COMBETTES (ATILF, Université de Lorraine), Christiane MARCHELLO-NIZIA (ICAR, ENS Lyon), Sophie PREVOST (LaTTiCe, ENS Paris), Tobias SCHEER (BCL, Nice-Sophia Antipolis).

Collaborateurs : Yvonne CAZAL (CRISCO, Université de Caen), Walter DE MULDER (Université d’Anvers), Peter KOCH (Université de Tübingen), Gabriella PARUSSA (CLESTHIA, Université de la Sorbonne-Nouvelle), Gilles SIOUFFI (STIH, Université Paris-Sorbonne).

Le projet GGHF est un projet éminemment fédérateur et structurant pour la linguistique française. C’est la raison pour laquelle l’ILF l’inscrit au titre de ses priorités scientifiques.